Accueil > Mathématiques > Résolution numérique des équations non linéaires > Méthode du point fixe
Méthode du point fixe
samedi 2 décembre 2006, par
Toutes les versions de cet article : [English] [français]
La méthode du point fixe appliquée à la résolutions d’équations non linéaires
consiste à élaborer un schéma itératif, en l’occurence une suite convergente vers un point fixe x d’une certaine application g, ce point fixe est en l’occurence
la solution de l’équation f(x)=0.
L’objectif ce méthode est la résolution d’équation du type :
![]()
Soit
une solution de (E).
L’idée générale est de se ramener à une équation du type :
![]()
où
est un point fixe de l’application
.
On introduit alors une suite d’itérée
qui converge vers le point fixe
de
, qui est en l’occurence la solution de l’équation (E).
Théorème du point fixe
Existence.
Si
et
, alors g a un point fixe
en [a, b].
Unicité.
Si
et s’il existe une constante
dans ]0,1[ telle que
![]()
sur [a, b] alors :
le point fixe
est unique
la suite définie par
converge vers
le point fixe de
.
Preuve de l’existence.
On définit l’application
sur [a,b], comme suit :
![]()
Clairement :
et
puisque par hypothèse
. On conclut donc en utilisant le théorème des valeurs intermédiaires :
![]()
c’est à dire :
![]()
Preuve de l’unicité.
Supposons qu’il existe deux point fixes
pour l’application g avec
. En utilisant le théorème de la moyenne, on montre l’existence d’un élément
telle que :
![]()
donc
![]()
ce qui est contradictoire donc
![]()
La suite définie par
est bien définie puisque
et par voie de conséquence
à condition évidemment que
. Comme précédemment, en utilisant le théorème de la moyenne, on montre l’existence pour chaque
, d’un élément
![]()
tel que

Par passage à la limite on voit clairement que :
![]()
puisque
est dans ]0,1[.
Corollaire
![]()
![]()
Preuve du corollaire.
La première inégalité est évidente. Pour démontrer la seconde inégalité, on utilise le fait que :
![]()
Soit deux entiers
:

En faisant tendre
vers l’infini :
![]()
Vitesse de convergence-Ordre de convergence d’une suite
Supposons qu’une suite
converge vers un élélment
:
![]()
où
représente l’erreur.
S’il existe deux constantes
et
telles que :

on dit alors que la convergence de la suite
vers ![]()
est d’ordre
avec une constante d’erreur asymptotique
.
Cas particuliers.
Si p=1 et C<1 on dit que la convergence est linéaire.
Si p=2, la convergence est dite quadratique.
Si p=3, la convergence est dite cubique.
Ordre de convergence d’une méthode de point fixe
Évidemment plusieurs cas peuvent se présenter, on peut construire plusieurs
fonctions
et cela dépend aussi de la nature de
.
Si ![]()

donc puisque
, la constante d’erreur asymptotique est
et la convergence est linéaire, c’est à dire d’ordre 1 et
puisque
sur [a, b].
Si
, on doit faire une étude plus poussée en introduisant un développement de Taylor au voisinage de
de de la fonction
, en utilisant le fait évidemment que
tend vers 0. Par exemple à l’ordre 3 cela donne

avec
, d’où

et

la constante d’erreur asymptotique est
et la convergence est quadratique, c’est à dire d’ordre 2. On peut alors citer le théorème suivant.
Théorème.
Si

alors la méthode du point fixe est d’ordre
.
Preuve.
On introduit un développement de Taylor au voisinage de
de de la fonction
à l’ordre
, en utilisant le fait évidemment que
tend vers 0

avec
, d’où

et

puisque
![]()
